Après avoir enseigné la philosophie à l’université et en lycée pendant une dizaine d’années, l’expérience m’apprit qu’elle n’était pas compatible avec sa respectabilité académique. La philosophie travaille à saper tout discours d’autorité et de fondation. Que gagne-t-elle à devenir institutionnelle ? Rien ! J’ai démissionné de l’Education nationale pour lui préférer l’expression d’une philosophie populaire qui s’adresse au grand public avec une liberté de ton et une mise en scène de sa parole qui la libère de ses pesanteurs mortifères.

Dans le même temps, j’ai commencé de fréquenter des lieux de la marginalité et de la détresse. Au contact des publics, résidents et des professionnels des centres pénitentiaires, CHU, institutions médico-sociales, soins palliatifs, établissements psychiatriques. Qu’est-ce qui m’attirait ici ? Sans doute se jouait-il là une volonté de porter la philosophie jusqu’à son extrême limite, jusqu’à sa destitution radicale. Mais elle m’emportait avec elle.

Cette destitution, je crois l’avoir rencontrée au bout de vingt-cinq années de descente dans les lieux de l’enfermement, de la violence et du secret, en sondant ce qui, en moi, me poussait dans les espaces de la claustration, pour y partager l’expérience paradoxale de la liberté.

Il a donc fallu épuiser la philosophie, la comprendre comme faillible, et en passer par la psychanalyse.

Cet axe double, à la fois populaire et clinique, met la philosophie autant que la psychanalyse à l’épreuve de la langue qu’elle emploie. Sortie du carcan de la langue d’institution et des conformismes d’école, l’une et l’autre redeviennent parole vive, insolente et scandaleuse, lucide et ludique, pertinente car impertinente.

Ce site s’adresse à celles et ceux que la philosophie et la psychanalyse intéressent, pourvu qu’elles ne servent pas à creuser le fossé entre les classes sociales par des outils de domination culturelle. Il s’adresse à quiconque estime que la philosophie et la psychanalyse ont pour vocation de provoquer des situations nouvelles, afin de renverser ce qui fait masse et de trouer ce qui fait nasse.

PSYCHANALYSE

Les années en analyse, la fréquentation de l’Ecole de la cause freudienne, la formation du Collège clinique et les études au Département de psychanalyse de l’Université m’octroyèrent des années apprentissages fondatrices. Elles se complétèrent d’une clinique élaborée en CHU et en CATTP. Elles me permettent aujourd’hui d’animer des séances d’analyse de pratiques professionnelles (APP), de supervision et des consultations en cabinet. Elles m’autorisent aussi à organiser des ateliers d’écriture à visée clinique, à mettre en place des comités d’éthique au sein d’établissements ou bien encore à former dans le médico-social.

Qu’est-ce qui unit toutes ces formes ? Rendre à la vie, capturée par des dispositifs qui l’entravent et l’épuisent, sa vigueur et son énergie, sa capacité à déborder sans dévorer.

SEANCES D’ANALYSE

Elles sont soucieuses de redistribuer les forces du vivant entravées dans la vie quotidienne. C’est autant une clinique du souffle et de la vie qu’une remise en mouvement de ce qui est capturé par l’économie psychique contemporaine.

APP &

SUPERVISIONS

Ces séances identifient rouages et nouages à l’exercice dans l’institution, pour faire dire, puis faire écho à ce qui se dit. Les supervisions s’attachent à la singularité des individus articulée à la politique interne des dispositifs qui les accueillent.

FORMATIONS

DIVERSES

La formation insiste sur la posture professionnelle adéquate, comme positionnement ajusté au cas singulier du patient, ce qui est l’autre le nom de l’éthique. La philosophie aide à nommer cela et à le mettre en place. La psychanalyse en interroge les présupposés inconscients.

PHILOSOPHIE

Vingt ans à courir la France des campagnes et des banlieues, des bibliothèques et des salles des fêtes, des associations et des comités d’entreprise, des palais des congrès et des festivals, pour démocratiser la pensée, et faire grandir, ensemble, le plaisir de réfléchir.

CONFÉRENCES

Vivantes, elles transforment le savoir universitaire en une expérience émancipatrice et partagée. Les sujets, apparemment décalés et insolites, abordent avec distance les enjeux sous-jacents de l’idéologie dominante. Elles s’adressent à une assemblée élargie.

FORMATIONS

Dans le cadre de la formation initiale ou continue, apport d’une culture générale autorisant le pas de côté, pour développer l’autonomie afin d’élaborer des solutions spécifiques face aux problématiques rencontrées. Concerne des groupes à taille humaine.

PERFORMANCES

Les performances scénographiées, mettant en scène un dandy punk, « philosophe forain, bonimenteur de métaphysique et décravateur de concepts », avec autant de gouaille que d’érudition, d’humour canaille que de références, qui aborde une question, la tord et l’essore, l’éclaire et la creuse.

PUBLICATIONS

Je n’appartiens qu’à une seule institution, celle du langage. Théâtre, romans, essais, quelques-unes de mes publications, laissées-là, qui font signes que ce qui se joue entre les pages et entre les lignes, c’est moins ce qu’on y écrit, que ce qu’on rature, et qu’on essaie, à chaque nouvelle publication, de nommer encore.